Jour 1 : L'Arrivée à San Quirico d'Orcia
Véritable clé de voûte du Val d’Orcia inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la cité fortifiée de San Quirico d’Orcia offre une entrée en matière saisissante dans l’histoire et le paysage du Sud toscan. Structuré le long de la Via Dante Alighieri — tracé historique de la Via Francigena où se déroula en 1155 la rencontre décisive entre l'empereur Frédéric Barberousse et les émissaires papaux —, le bourg s'articule autour de trésors architecturaux d'une insigne noblesse. La visite s'ouvre sur la Collégiale des Saints Cyr et Julitte, chef-d'œuvre roman-gothique du XIIe siècle dont la polychromie de grès, les portails sculptés portés par des lions stylophores et le retable à fonds d'or de Sano di Pietro témoignent de la ferveur spirituelle médiévale.
La déambulation mène ensuite aux Horti Leonini, splendide exemple de jardin maniériste à l'italienne dessiné vers 1580, où les haies de buis taillées en géométrie rigoureuse dialoguent avec les imposants remparts et la Porta dei Cappuccini hexagonale. Entre les façades austères du Palazzo Chigi Zondadari et les perspectives ouvertes sur les alignements sacrés de cyprès, San Quirico d'Orcia plonge d'emblée le groupe dans l'élégance contemplative et l'urbanisme préservé des terres siennoises.
Installation à l'hôtel Palazzuolo
Jour 2 : Sienne – L'Apogée de l'Art Gothique et du Pouvoir Civique
Cette journée s'ouvre sur la Piazza del Campo, dont la forme en coquille inclinée est pavée de briques disposées en arête de poisson et divisée en neuf secteurs qui honorent le « Gouvernement des Neuf », conseil marchand bourgeois qui dirigea la cité de 1287 à 1355 durant son âge d'or. Au Palazzo Pubblico, le Museo Civico abrite dans la Sala dei Nove le cycle profane d'Ambrogio Lorenzetti (Les Effets du Bon et du Mauvais Gouvernement, 1338-1339), véritable traité de philosophie politique illustrant comment la justice et la concorde engendrent la prospérité urbaine tandis que la tyrannie mène à la désolation. La visite se prolonge par le Duomo (la cathédrale de Santa Maria Assunta), joyau architectural gothique dont la façade spectaculaire, conçue pour sa majeure partie par Giovanni Pisano, associe le marbre blanc, le vert de Prato et le rouge de Sienne dans une polychromie saisissante. À l'intérieur du Duomo, le pavement de marbre en marqueterie (graffito), unique au monde et composé de 56 panneaux gravés par plus de quarante artistes du XIVe au XVIe siècle, déploie un programme théologique et humaniste d'une immense érudition. La nef abrite également la célèbre Chaire de Nicola Pisano (1265-1268), chef-d’œuvre de la sculpture proto-Renaissance qui réinvente le relief antique, ainsi que la bibliothèque Piccolomini aux fresques éclatantes de Pinturicchio. Dans l'enclos de la cathédrale, le Museo dell'Opera Metropolitana conserve la monumentale Maestà de Duccio di Buoninsegna (1308-1311), retable biface majeur marquant l'apogée de l'école siennoise.
Jour 3 : Le Val d'Elsa et les Bastides de Légende
Cette journée s'ouvre sur Monteriggioni, bourg fortifié édifié dès 1213 par la République de Sienne pour surveiller la frontière face à la rivale florentine ; son enceinte elliptique flanquée de quatorze tours de guet fut immortalisée par Dante Alighieri dans le chant XXXI de l'Enfer de sa Divine Comédie, où le poète compare ces structures militaires aux géants enchaînés entourant le Puits de l'Abîme. La route mène ensuite à San Gimignano, cité dont l'essor médiéval s'est structuré le long du tracé de la Via Francigena, voie de pèlerinage majeure reliant Cantorbéry à Rome qui favorisa le commerce du safran et de la toile. La cité conserve quatorze de ses maisons-tours d'origine, édifiées par l'aristocratie marchande en une compétition somptuaire et défensive où la hauteur de la tour mesurait le prestige de la famille, jusqu'à l'ordonnance communale interdisant de dépasser la Torre Grossa du Palais Communal (54 mètres). Au coeur du bourg, la Collégiale Santa Maria Assunta offre un témoignage didactique d'une richesse rare avec ses fresques narratives du XIVe siècle par Bartolo di Fredi et Lippo Memmi, ainsi que la chapelle de Santa Fina peinte à la Renaissance par Domenico Ghirlandaio.
Jour 4 : Les Crêtes Siennoises et l'Humanisme du Val d'Orcia
Cette journée débute par la visite de Pienza, étape capitale de l'histoire de l'art où le pape Pie II (Enea Silvio Piccolomini) confia en 1459 à l'architecte Bernardo Rossellino la réorganisation complète de son village natal de Corsignano. Pienza devint ainsi la toute première concrétisation de la « cité idéale » humaniste, articulée autour de la Piazza Pio II où la cathédrale, le Palazzo Piccolomini et le Palazzo Borgia s'ordonnent selon une perspective géométrique rigoureuse dictée par les traités d'Alberti. Ensuite, la cité de Montepulciano couronne la journée sur sa crête calcaire, dévoilant ses palais maniéristes conçus par Vignole ou Antonio da Sangallo le Jeune, ses caves monumentales creusées sous le tuf pour le Vino Nobile, et le Tempio di San Biagio (1518-1540), chef-d'oeuvre à plan en croix grecque incarnant l'idéal de perfection symétrique et d'harmonie architecturale de la Renaissance italienne.
Jour 5 : Le Val di Chiana, Arezzo et Cortone
Cette échappée conduit le groupe à Arezzo, ancienne cité de la Dodecapole étrusque et patrie de Pétrarque ainsi que de Giorgio Vasari, historien d'art pionnier du XVIe siècle. Le sommet artistique de la journée réside dans la basilique San Francesco, où Piero della Francesca exécuta entre 1452 et 1466 le cycle monumental de La Légende de la Vraie Croix, tiré de la Légende dorée de Jacques de Voragine. Cette oeuvre marque une étape révolutionnaire dans la peinture de la Renaissance par l'application stricte de la perspective linéaire, le traitement mathématique des volumes et l'utilisation d'une lumière diaphane qui confère aux figures et aux architectures une solennité quasi métaphysique. Après avoir contemplé la Pieve di Santa Maria et la Piazza Grande inclinée d'Arezzo, l'itinéraire bifurque vers Cortone, cité perchée à plus de 500 mètres d'altitude dont les murailles cyclopéennes témoignent des origines étrusques (VIe siècle av. J.-C.). Le Musée Diocésain y conserve l'Annonciation de Fra Angelico (1430), chef-d'oeuvre de délicatesse spirituelle et de maîtrise de la lumière dorée, illustrant la grâce de la première Renaissance florentine aux côtés des vestiges perchés de la cité.
Jour 6 : Poésie de San Galgano
Sur le chemin du retour, nous gagnerons l'Abbaye bénédictine de Monte Oliveto Maggiore, fondée en 1313 par saint Bernard Tolomei. Le grand cloître du monastère conserve un ensemble d'art exceptionnel : 36 fresques retraçant la vie de Saint Benoît, commencées en 1497 par Luca Signorelli et achevées par Le Sodoma à partir de 1505, offrant une leçon didactique sur la transition entre la rigueur anatomique du XVe siècle et le théâtralisme de la Haute Renaissance.
Retour à Nice en début de soirée.